un an de plus(310)

Publié le par duquinou

loup.jpgEurope: Prisonnières du pacte vaudou et contraintes de se prostituer
(Courrier International)
date: 2004-09-10 | rapporteur d'info: Robert

Je m'appelle Betty, j'ai 21 ans. Je viens du Nigeria et je suis à Barcelone depuis quatre mois. Je travaille la nuit, dans la rue. Je ne parle pas espagnol, mais ça ne fait rien : je suis seulement de passage, je veux aller à Londres. J'ai quitté mon pays pour l'Europe il y a deux ans.

La femme du sorcier avait préparé une décoction dans une casserole avant de leur peindre le visage avec une poudre blanche. Elles juraient ainsi à Dieu qu'elles ne le trahiraient jamais. Elles ont ensuite dû se couper les ongles de pied avec une lame de rasoir. Le sorcier a alors enveloppé les ongles dans un papier qu'il a déposé sur un plateau, tandis que les jeunes filles avançaient leurs mains. Tous trois ont prononcé une formule magique, la tête tournée vers le ciel, les yeux clos. "Si vous ne suivez pas les instructions de votre supérieur [le trafiquant n'est jamais mentionné], vos ongles vous poursuivront et vous grifferont", a menacé le sorcier en enterrant le papier, auquel personne ne touchera tant que la dette ne sera pas remboursée. Non loin de là, quelques jours plus tard, un autre sorcier pratiquait des scarifications sur les hanches et la plante des pieds de deux autres filles, et les recouvrait d'une poudre noire tirée d'un flacon portant la mention "Pour surmonter les obstacles". En théorie, ce sort devait les rendre invisibles aux yeux de la police.

Silvia est arrivée au rendez-vous terrorisée, accompagnée par ses parents et sa soeur. Le rituel avait été soigneusement mis en scène : le mage a tracé à la craie sur le sol un grand cercle blanc, a peint le visage de la jeune fille et changé de vêtements ; il a ôté sa tunique et est revenu vêtu d'une chemise rouge, d'un foulard et d'un pantalon bleu. Les tambours ont retenti. Il a pénétré dans le cercle et demandé à Silvia de l'y rejoindre. Ils se sont ensuite tous rendus au fleuve dans une voiture cabossée. Silvia s'est approchée de la rive, avec sur la tête un plateau portant des objets qui représentaient sa vie : des bonbons, de petits jouets, des mèches de cheveux, les volants d'une robe. Une offrande au dieu du fleuve. Une femme a alors ordonné à Silvia de piétiner une poule. Le sorcier a ensuite tranché le cou de l'animal et jeté à l'eau les affaires de Silvia, qui s'est effondrée sur le sol, évanouie. La cérémonie a duré six heures et a pris fin, de retour à la case, par un chant en choeur. Marina, elle aussi, a vécu une expérience similaire, mais elle ne veut pas en parler.

 "trois jeunes Nigérianes ont passé la nuit dans la rue, à se prostituer, et d'autres, à l'aube, prennent la relève. Le repos n'a pas sa place, ici ; il faut préparer les repas, laver le linge à la main, faire les courses, s'occuper des enfants. Et, de temps en temps, dormir sur les matelas posés à même le sol. Attendre le soir et tout recommencer. Un cycle qui ne cesse jamais. "Quand est-ce que je dors ? Dormir ? Qu'est-ce que ça veut dire, dormir ?" s'écrie Anny, une autre jeune mère dont le visage semble sculpté dans la pierre. "Ça va me rendre malade ? Comme si j'avais le temps d'être malade..." Pas le temps de quoi que ce soit. Pas le temps de regretter le passé, la vie que Betty et Anny ont laissée sur un terrain vague de Benin City, entre les mains d'un sorcier qui a pratiqué sur elles une cérémonie vaudoue"


" le Nord musulman, régi par la charia, s'est rendu tristement célèbre par la persécution de femmes comme Amina Lawal [une Nigériane condamnée à la lapidation à mort pour adultère ; la sentence n'a jamais été exécutée, l'Etat fédéral s'étant opposé à cette peine prononcée par un tribunal islamique du nord du Nigeria] ; le Sud, lui, est marqué par une foi chrétienne profonde, même si la tradition tribale du vaudou reste bien ancrée. La misère y est cruelle et l'Europe fait l'objet des plus grandes espérances. La police nigériane lutte contre les réseaux de trafiquants, mais nombreux sont les parents qui accueillent avec soulagement l'idée que l'une de leurs nombreuses filles (les familles peuvent compter vingt à trente enfants) quitte le pays pour aider la famille à faire vivre les cadets. Une femme rentrée au pays fortune faite sert parfois d'appât. Savent-elles qu'elles vont se prostituer ? C'est la grande question, le soupçon qui parfois glace les conversations. La police, les avocats et les organisations humanitaires disent que, dans 99 % des cas, elles sont au courant. "Je ne peux pas vous dire", déclare Carolina, une autre jeune femme qui vit à Barcelone depuis deux ans et qui, elle, a remboursé sa dette. "Mais ils m'avaient dit qu'en trois mois j'aurais fini de payer et, quand je me suis rendu compte du temps qu'il me faudrait en réalité, j'ai fondu en larmes", raconte-t-elle en plongeant son visage dans ses mains,"


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Publié dans esoterisme

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