un an de plus (252)
Un codex moral d'un autre âge: (http://membres.lycos.fr/wotraceafg/)
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Les talibans ont édicté depuis 1996 de nombreuses règles de conduite auxquelles doit impérativement se soumettre la population, en particulier la population féminine. La stricte application de ces règles est surveillée par les agents du tout-puissant Ministère de la Répression du Vice et de la Propagation de la Vertu. Voici quelques-unes de ces règles:
- Interdiction faite aux femmes de travailler en dehors de chez elles (quelques exceptions dans le secteur médical).
- Interdiction faite aux médecins ou infirmiers hommes de soigner des femmes.
- Obligation pour les femmes de porter la burka (ou tchadri).
- Interdiction faite aux femmes de se déplacer en taxi sans être accompagnées par un parent de sexe masculin.
- Interdiction faite aux femmes de conduire une voiture (cette mesure vaut également pour les étrangères travaillant auprès d'organisations humanitaires).
- Les petites filles ne sont autorisées à fréquenter l'école que jusqu'à l'âge de 8 ans.
- Stricte séparation des hommes et des femmes dans tous les lieux publics (y compris les cantines des organisations humanitaires).
- Interdiction faite aux hommes de se raser ou de se tailler la barbe; un homme aperçu avec une barbe rasée ou taillée sera emprisonné jusqu'à ce que sa barbe soit touffue.
- Interdiction des cheveux trop longs pour les hommes.
- Interdiction du prosélytisme religieux dès lors qu'il s'agit de religions autres que l'Islam.
- Les seuls Afghans non-musulmans autorisés à pratiquer leur religion sont les Hindous et les Sikhs. Les Hindous sont tenus de porter comme signe distinctif un morceau de tissu jaune sur leurs vêtements. Les Sikhs, reconnaissables à leur turban, en sont dispensés.
- Les prières communes aux heures définies sont obligatoires pour tous. Tout homme adulte rencontré dans un lieu public à ces heures-là est passible d'emprisonnement.
- Interdiction de la télévision, de la musique, des cassettes audio et vidéo, de la peinture, du dessin, de la photographie, des cinémas et - bien entendu - de l'Internet. (La radio n'est pas interdite, mais les rares stations existantes ne diffusent que des programmes religieux entrecoupés de nouvelles. Il n'y a en tout et pour tout que 160.000 postes récepteurs dans tout le pays.)
- Interdiction du jeu d'échecs (détourne les gens de la prière).
- Interdiction des jeux traditionnels (y compris les cerfs-volants et les poupées pour enfants).
- Interdiction des compétitions sportives.
- Interdiction des costumes occidentaux et des chaussettes blanches.
- Interdiction des tambourins, des danses et des chants dans les mariages.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la grande majorité de la population afghane, rurale et analphabète, a toujours appliqué ces règles et n'y voit aucune contrainte nouvelle. Il en va autrement des couches sociales urbaines, plus instruites et sensibles aux influences extérieures. Elles rejettent ces préceptes médiévaux et les sanctions arbitraires et barbares qui les accompagnent (châtiment corporel, mutilation, exécution publique).